Le combat de La Ramée 1794

Combat de La Ramée

 (29 septembre 1794 selon l’abbé Angot. 28 septembre 1794  selon l’abbé Pauloin)

 

De nombreux combats ont eu lieu dans le bois de La Ramée, en particulier le 6 janvier 1795. Toutefois un combat retient particulièrement l’ attention, c’est celui du 29 septembre 1794 près de l’étang de La Ramée (long d’environ 1,3 km sur 150 ha), et alimenté par l’ Ouette, sur la paroisse de La Chapelle-du-bourg-le-prêtre.

 Carte la ramee

Carte de Cassini (étang de La Ramée aujourd’hui disparu)

 

Souhaitant préparer une action commune avec les chouans de la rive gauche, contre les enlèvements de vivres et de fourrage, qui ont souvent motivé les différentes affaires des chouans de la Mayenne, Jean-Louis Tréton dit Jambe d’ Argent a organisé une rencontre près de l’ étang de La Ramée (asséché en 1825), près de la Chapelle-Rainsouin, avec les chouans de la rive gauche de la Mayenne.

C'est à Montchevrier que Jambe d' Argent fut nommé chef des Chouans du canton de Nuillé, le 22 avril 1794. Le nouveau chef royaliste avait au plus vingt-quatre ans quand il fut investi du commandement.

A la tête de 50 hommes, il se rend sur les bords de l’étang. Avec lui se trouvent Jacques de la Mérouzières dit Monsieur Jacques, Louis Courtillé dit Saint-Paul, Carpar, Michel Jacquet dit Taillefer et Jean Bézier dit Moustache. Il est probable que la date et le lieu de cette rencontre avaient été rapportées aux bleus par une indiscrétion, car un piège avait été tendu aux chouans.

 

Jambe d argent

Jean-Louis Tréton dit Jambe d’argent

Né le 8 mai 1770 à Astillé, tué le 27 octobre 1795

 

Sur place les soldats du poste de Montsûrs (Abbé Angot tome III page 804) et du voisinage les attendent. Certains sont vêtus en contre-chouans et portent des plumets blancs  tellement voyants que cela alerte Moustache. Méfiant et téméraire, celui-ci s’ approche vers eux et demande le mot de passe. N’ obtenant pas de réponse, il ajuste le faux-chouan avec sa carabine et l’ abat d’un seul coup. Le signal de l’attaque est donné et les républicains, manquant leur effet de surprise et  surpris par la réaction des chouans tentent vainement de résister. Devant tant d’impétuosité, ils reculent et les chouans les poursuivent sans se rendre compte qu’ ils se dispersent. A ce moment sur les arrières des chouans arrivent un second détachement de républicains composé de 500 hommes des forges de Montcors (Stéphane Hiland « Jambe d’argent » page 78). La panique gagne alors les rangs des chouans. Avec l’ aide de Moustache, Jambe d’argent rallie quelques hommes afin de protéger la retraite de Monsieur Jacques vers les bois de la Chapelle. Ils parviennent à repousser un premier puis un second assaut.

Jamois dit Place-nette faillit perdre la vie. Pris au collet par un républicain, il parvient à se dégager en lui assénant un violent coup de crosse à la tête. Toutefois, il eut si peur qu’il réunit à la hâte 12 hommes et quitte le combat pour retourner dans son canton. Cependant, Jambe d’argent aidé de Jean Mâlines (de Bonchamp) dit Francoeur et de Pierre Bourdoiseau (de L’Huisserie) dit Petit-sans-peur encourage les chouans qui résistent avec courage, à l’ instar de Monsieur Jacques qui fait preuve d’ une véritable vaillance (selon l’abbé Pauloin « Chouannerie du Maine et pays adjacents » page 149. Ce livre est écrit en 1875 et  veut un peu s’ opposer aux « Lettres » de Duchemin Descepeaux sur la Chouannerie du Maine écrit en 1825. Ce dernier  a  pu s’ entretenir avec « ceux qui avaient survécu aux périls et aux fatigues de la guerre » page 5. L’abbé Pauloin souhaite indiquer que la Chouannerie de la Sarthe a devancé celle du Maine dans le « commencement de la Chouannerie » et a fourni un contingent plus important de combattants)

Les Bleus commencent à fatiguer mais tiennent toujours sous le feu les chouans qui sortent du bois de La Chapelle-bourg-du-prêtre (Chapelle-Rainsouin) et fuient vers l’ouest vers Louvigné. Un second engagement à lieu en fin de journée, à environ 1,2 km au sud de cette commune sur la Lande-des-Ajets. Selon l’abbé Pauloin (document cité plus haut) les chouans sortent vainqueurs pour la seconde fois dans la même journée, de cet affrontement.

Voulant voir où en était la retraite, Jambe d’ Argent monte sur le sommet d’un petit tertre. Son regard embrasse tout le champ de bataille. Au moment où il redescend, une balle vient le frapper en pleine poitrine. Priou, son aide de camp, le charge sur ses épaules, et entouré de ses compagnons l’ amène à la métairie des « Gennetés » (ou Gennetais) où vivait un couple de bons paysans royalistes qui avaient déjà caché des prêtres dans un réduit discret de leur ferme.

Tréton reste 3 semaines dans ce refuge. Saint-Paul réclame et obtient du général Scépeaux (Commandant la division de l’armée catholique et royale de la rive droite de la Mayenne, le chirurgien Gustave, de la division. Durant le deuxième semestre de 1794, les unités s’ organisent, une structure hiérarchique est créée et des état-majors apparaissent autour du chef de division. Le blessé a 25 ans, et contre toute attente, malgré cette vilaine blessure, il survit et retrouve rapidement ses chouans. Il est assisté spirituellement par le père Joseph, aumônier de la division. Très attaché à Tréton, lorsque le prêtre devra prononcer son éloge funèbre un an plus tard. Il éclatera en sanglots et sera incapable de prononcer un mot à la grande stupéfaction des chouans présents. Jean-Louis Tréton obtint la croix de Saint-Louis début octobre 1794 et fut tué le 27 octobre 1795 à 25 ans au combat du Haut-des-Prez, près de Cosme. Il fut inhumé de nuit dans le cimetière de Quelaines, (actuelle place de l'église).