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Le combat de Fougerolles-du-Plessis 1799

Le combat de Fougerolles-du-Plessis

25 juillet 1799

 

Dans cette région, les royalistes sillonnaient la campagne et distribuait des brochures comme l’Almanach universel, ou Etrennes, contenant des chants, des poésies, et des psaumes. Les sacristains du canton avaient fermé les églises à clef afin de garder l’eau bénite pour les bons prêtres.

 

Le 16 juin 1799, une vingtaine de chouans armés de fusils, ayant à leur tête, Achille Leblond, Le Saoûl, Alexandre Billard de Veaux et Jean-Marie Mérille, désarment sans coup férir les colonnes mobiles de Fougerolles et enrôlent de nombreux jeunes gens. Ils passent la nuit à Fougerolles. Forts de leur succès, ils parcourent les environs pour grossir leurs rangs et le 25 juillet 1799, ils reviennent à Fougerolles.

A cette époque, les chouans des alentours de Fougerolles sont désormais en nombre imposant. Entre 4 heures et 5 heures du matin, de toutes les routes à la fois débouchent 140 hommes bien armés, sous la conduite de Messieurs de Valory, de Chalus, Billard de Veaux et occupent tout le bourg de la commune. Le poste de garde à l’entrée de la porte de l’hospice est pris d’assaut, le factionnaire saisi et désarmé. La colonne, les armes à la main, entre dans les maisons où reposent les jeunes gens de la garde nationale et les désarment sans qu’ils puissent se défendre.

 

Hospice de fougerolles

Entrée de l’Hospice de Fougerolles

 

La redoute située devant le poste de garde est abattue avant que l’on ne s’attaque au chêne de la liberté. Ce qui déplaît le plus au citoyen Brault, commissaire de la commune, c’est de les voir boire et manger royalement, si l’on peut dire, chez les habitants et de ramasser toutes les armes : à savoir les 12 fusils de la colonne mobile et les 45 fusils de chasse provenant du désarmement des communes de Fougerolles et de La Dorée.

Maîtres de la place, les chouans vont et viennent sans rencontrer beaucoup d’opposition de la part des bleus. Le 10 août, ils reviennent en plus grand nombre encore sous les ordres de Chateauneuf.  Le citoyen Brault, s’en émeut particulièrement au département : « Le canton de Fougerolles est déjà devenu la proie des royalistes ».

Le général Chateauneuf, ordonnant à la fille de Brault de le conduire près de son père, finit par le trouver caché dans son jardin. Il lui transmet les ordres du Roi : « Le Roi pardonne généreusement aux républicains tous les crimes dont ils se sont rendus coupables envers lui ; il veut oublier le passé, mais il est tenu qu’il entre dans ses droits. Je vous défends, sous peine de la vie et de la destruction de vos propriétés, de faire et de souffrir qu’il soit fait aucune chose qui puisse y donner atteinte. Je vous rends responsable, vous et les autres membres de la municipalité, garants et responsables sous les mêmes prises, de toutes les vexations qui pourraient être faites dans le canton à nos pères et mères et autres d’entre les nôtres. S’il leur est fait la moindre chose, nous userons de la plus sévère représaille contre vous et les républicains payeront tout ! »

Brault poursuit : « il finit par me demander trois années de revenu d’un pré que j’avais acquis de la nation.. » 

Les royalistes passèrent la nuit sur la commune et n’en sortirent que le lendemain matin vers 11 heures, prirent quelques jeunes gens qu’ils emmenèrent avec eux et passèrent sur la commune de Désertines où ils firent de même.

 

 

(Sources : Souvenirs de la Chouannerie page 301 édition de 1852– Lettre sur l’origine de la Chouannerie et sur les chouans du Bas-Maine, volume II , édition de 1825 par J.Duchemin-Descepeaux)