Le combat de Ballée 1796

 

Le combat de Ballée

26 octobre 1796

 

Après son succès au Mans, Louis de Bourmont, général des Chouans de l'Armée catholique et royale du Maine décide de prendre le bourg républicain de Ballée, que les habitants ont fortifié. Il est secondé par Tercier. La commune de Ballée a fait fusiller six prisonniers vendéens. En représailles, en 1794, le maire et son épouse furent tués par les Chouans. À compter de cette date, on fortifia le bourg et on acheta deux canons « pesant chacun trente livres... »

 

Ballee

Vue de Ballée depuis le moulin sur la rive de l’Erve

 

 Les Chouans désirent depuis longtemps réduire ce poste, mais en ont été chaque fois empêchés à cause de leur manque d'artillerie. Or, ils se sont emparés de 8 canons au Mans. Néanmoins, Bourmont décide de n'en conserver qu'un seul pour attaquer le bourg.

Le 26 octobre, les Chouans sont devant Ballée, ils décident d'abord d'ouvrir le feu avec leur canon. Mais les servants sont inexpérimentés et la pièce est mal positionnée, les roues sont bloquées dans un sillon sans prendre en compte le recul dû à l'effet du tir. Aussi, dès le premier coup de canon, la porte du fort est emportée mais l'essieu du canon se brise, rendant la pièce inutilisable. Les bleus postés dans l'église s'en aperçoivent et portent la nouvelle aux autres défenseurs, ce qui les encourage.

Bourmont donne alors l'ordre d'incendier les maisons où sont retranchés les républicains à l'aide de torches. Les Chouans menés par l'adjudant-général de Gardet et son aide de camp, Monsieur de Guéfontaine, passent à l'attaque. Plusieurs maisons situées à l'extérieur de l'enceinte sont incendiées mais les défenseurs ne se démoralisent pas et n'entendent pas se rendre. Beaucoup de Chouans tombent, fauchés par les tirs des bleus. Finalement, Bourmont, soucieux du sort de ses hommes, donne l'ordre de se retirer. Les bleus n'ont que 3 blessés, en revanche les pertes des Chouans sont plus conséquentes ; 12 hommes sont tués et 300 blessés, selon Bernard de La Frégeolière, parmi lesquels 232 moururent des suites de leurs blessures dans les six mois qui suivirent.

 

(Source : Émigration et chouannerie, mémoires du général Bernard de La Frégeolière 1881, p.134.)

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